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C’est votre texte vraiment et derangeant. Cela nous reste parvenu depuis dix temps via l’adresse mail du journal.

24/09/2022 Admin rencontres-little-people payant

C’est votre texte vraiment et derangeant. Cela nous reste parvenu depuis dix temps via l’adresse mail du journal.

«J’ai viole. Vous violez.

Nous violons» est son titre. Des les premieres lignes, son auteur, dont nous ne donnerons ici que le prenom, Samuel, un etudiant de 20 ans, reconnait avoir viole son ex-copine, elle-meme a l’origine d’une vague de liberation une parole a Sciences-Po Bordeaux. L’auteur decrit avec exactitude nos determinants personnels, culturels et sociaux qui ont participe a la commission de son acte. Il ne se justifie pas, ne s’autoflagelle nullement, ne se defausse gui?re, il explique. Et expliquer n’est jamais excuser. Dire qu’il donne le point de vue du violeur n’est que partiellement grand. Sa reflexion vise a nous interpeller, a nous aller en zone de confort consistant a voir que le violeur, le monstre, c’est l’autre. Une condition necessaire mais gui?re suffisante pour entrer de maniere plus eclairee concernant le terrain une prevention du viol. J’ai force intellectuelle, la fougue de votre post pourront aussi susciter le rejet et jouer en sa defaveur. Neanmoins, c’est votre fera : il apporte du materiau humain a une question douloureuse, complexe et taboue.

Seulement voila. L’auteur de votre texte est aussi l’auteur du crime qu’il avoue de maniere circonstanciee. Le diffuser pose une serie de problemes, ethiques, journalistiques et evidemment juridiques. D’abord, il ne va falloir gui?re que la parole de l’agresseur invisibilise celle de sa victime. Eva Fonteneau, qui avait cosigne l’enquete sur Sciences-Po Bordeaux, contacte donc Alma, la victime. Claque qu’il reconnaisse le viol l’a soulagee, apaisee, lui a permis de mettre des mots sur son mal-etre. Elle donne le consentement pour que le propos de le agresseur soit publie. Nous lui demandons de bien prendre le temps de reflechir. L’article qui contextualisera et racontera leur histoire partira de son opinion a elle, aucun celui de Samuel. Des notre premiere conversation telephonique avec ce soir nous lui rappelons qu’en publiant votre propos, il s’expose a des poursuites, le viol etant puni d’une peine pouvant aller jusqu’a vingt ans de reclusion. Il en reste conscient, mais nous lui demandons aussi de prendre quelques jours pour y reflechir. Nous lui envoyons un mail lui expliquant que nous allons proceder a l’anonymisation de sa lettre. Mais si «les autorites judiciaires se saisissaient de ce dossier, nous serions Afin de notre part contraints de respecter la loi qui, en l’espece, nous oblige de leur communiquer votre identite si elle nous etait demandee». Pour Liberation, il n’est nullement moralement defendable d’invoquer le secret des sources dans ce cas precis. Samuel cause alors longuement de sa demarche avec sa propre famille qui finit via se ranger a le avis. De le cote, Alma, avec qui nous sommes en lien permanent, nous informe que lorsqu’elle sera prete, elle portera plainte.

Matthieu Ecoiffier

«Le commentaire “viol” etait ecrit noir sur blanc»

J’ai viole. Vous violez. Nous violons

Le viol a une telle capacite a s’immiscer precisement la ou l’on s’y attend le moins. Ils font un an et demi, j’ai viole ma copine. Le reconnaitre est si»rement aussi important que de l’ecrire. Expliquer les faits, recontextualiser ne va i?tre gui?re l’optique de cette lettre site de rencontres gratuites pour petites gens. Notre viol que j’ai fait est si»rement d’une banalite extreme et dangereuse. La singularite d’une situation doit donc etre ignoree. Le viol n’a aucun contexte. Cela a des explications bien au plus. Notre propos que je vais tenir est delicat puisqu’il ne va i?tre entendu qu’a travers le prisme que tous a du viol ainsi que celui qui le commet. Le violeur attise le degout, la haine et J’ai rage. Depuis deux mois, j’aurais probablement deteste l’individu qui est en train d’ecrire ces mots. Tout i§a reste commun.

Une relation

Ma relation avec i§a est passionnelle, sans limites ni garde-fou, extreme. Exactement ce que j’aimais. L’intensite qu’elle me procurait me faisait presque oublier ma vie plate et monotone. Si l’un de nous 2 proposait de nouvelles bandes blanches a ne point franchir, il est immediatement moque. Et on aimait ca. L’exclusivite et la complexite de ce duo rendaient vaine toute critique a le egard. Nous construisions l’illusion d’une objectivite qui a invisibilise les pires actes, dont votre viol fait partie. Un «jeu de roles» que je decouvre malsain a pu naitre : celui de celle qui fait semblant de ne pas avoir envie, ainsi, de l’autre qui est violent et qui ne l’est jamais trop. Il fallait tout essayer, tout eprouver, sinon notre relation perdait le essence. Les seules limites qu’on decouvrait etaient nos destructions mutuelles, aussi si aucune lecon n’en etait tiree.

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